Témoignages de professionnels passionnants et passionnés, saison 2

1
  • ©Darrault_PetitesCitesdeCaractere

De nouveaux témoignages de professionnels impliqués, situés sur La Loire à Vélo. Quelque soit leur activité, ils mettent tout en œuvre pour proposer des expériences uniques, et pour répondre aux mieux aux besoins des cyclotouristes.

À travers ces interviews, nous vous proposons de découvrir leurs parcours, leurs initiatives et leur relation avec la Loire et La Loire à Vélo. Entre anecdotes de terrain, observations sur l’évolution du tourisme et regards sur l’avenir, ces témoignages mettent en lumière ceux qui font vivre la destination au quotidien.

Coline et Romain pour Lulu Parc, à Rochecorbon 

Qui êtes-vous ? Présentez nous votre activité. 
Coline : Je suis co-dirigeante de l’entreprise Lulu Park qui compte un parc de jeux pour enfants, un mini-golf et une très grande guinguette, dirigée par mon frère, c’est un site multi-activités, multi-générationnel, situé sur les bords de Loire, ce qui attire pas mal de cyclotouristes. Nous allons d’ailleurs fêter nos 30 ans cette année (la partie parc de jeux fête ses 30 ans cette année, et dans 2 ans ce sera les 30 ans de la Guinguette). J’ai repris en 2020, en plein Covid, ça va donc faire la sixième année. 

Romain : Je m’occupe plus du restaurant et de la guinguette, on s’entraide aussi, comme pour la communication, c’est surtout Coline qui s’en occupe.
Je suis quasiment depuis le début dans l’aventure, le début des années 2000. 
Ce sont nos parents qui ont créé le parc et la guinguette. A l’origine, il y avait juste le mini-golf 😀 Maintenant on a 16 pistes de pétanque (!), un parc (jeux gonflables, kartings à pédales, trampolines, mini-ferme) pour lequel on investit tous les ans dans de nouvelles structures, la guinguette et le restaurant qui avaient une cinquantaine de places au début, en proposent 1500 maintenant !!. En 6 ans on a quasiment doublé la fréquentation!

Guinguette bords de Loire
Guinguette Lulu Parc © François Moura © oz.pict

Quelle est votre histoire avec La Loire, La Loire à Vélo ? 
Romain : On a vu, au fur et à mesure des années, énormément de promeneurs, de cyclistes passer donc on a développé de quoi accueillir un maximum de personnes au plus près de la Loire. C’est illuminé le soir, c’est très joli, et comme on a un restaurant/bar/guinguette : ça danse💃!!! Tous les soirs de la semaine, et certains après-midis, on a des groupes de musique. On a vraiment une guinguette traditionnelle🪗 (bord de l’eau + danse + restauration + convivialité et ambiance festive = le meilleur combo possible )
On a grandi sur le site, donc en bord de Loire et notre école était à 2km d’ici. On a une vue incroyable sur La Loire 🤩 

Guinguette
©DDarrault_PetitesCitesdeCaractere

Quelle est votre clientèle aujourd’hui ? 
Romain : Sur le Lulu parc, c’est très familial, des enfants, des parents, des centres aérés… et sur la partie guinguette, très familial aussi. 
Il y a un peu tout le monde, vu que tous les soirs on fait des thèmes différents, lundi c’est de la country, mardi c’est de la salsa…🕺On a vraiment des gens de tous milieux qui changent chaque jour, beaucoup de locaux mais pas uniquement, qui viennent depuis des années. La piste de danse qui fait plus de 300 m2 attire pas mal de monde. 
Coline : Côté guinguette, c’est comme une attraction touristique finalement, en plus des locaux, grâce aux prescripteurs comme l’Office de Tourisme de Tours, les gites, les campings, on a aussi beaucoup de touristes. 
On est un peu une référence (ndlr : l’une des plus grandes guinguettes de France) donc quand les gens demandent ce qu’il y a à faire dans le coin, la guinguette est souvent proposée car on peut y manger, y danser, y jouer à la pétanque… C’est vraiment un lieu unique, à part, que les gens découvrent pour la première fois 🎉 Et de la même manière, quand les gens demandent ce qu’il y a comme activité à faire avec des enfants, Lulu Parc ressort toujours dans les propositions. 
Concernant la clientèle étrangère, on a pas mal de néerlandais, des britanniques et un peu d’espagnols
Romain : Il y a beaucoup, beaucoup de promeneurs, de joggeurs, de vélos, et encore plus, depuis que les bords de Loire ont été bien aménagé. Toute la piste cyclable a été refaite et maintenant elle continue jusqu’à Vouvray. 
On a aussi la possibilité d’accueillir de très grands groupes, qui viennent pour le repas, mais aussi toutes les activités proposées, notamment en juin, avant les grandes vacances pour les entreprises locales par exemple. 

Lulu Parc ©ArmanceNerisson @calvinbadger

En quoi votre offre est-elle adaptée pour les cyclotouristes, et typiquement Accueil Vélo ? 
Romain : Alors effectivement on a tout pour accueillir les vélos dont le kit de réparation, qui sert rarement mais que l’on est content d’avoir. Tout est prévu pour garer les vélos, on a toutes les installations qui permettent à beaucoup de cyclistes de venir faire une pause boisson avant de repartir. Quand on installe le matin, que l’on n’est pas ouvert à la clientèle, il y a régulièrement des demandes pour des cafés, et on ne dit jamais non ☕
Coline : L’idée pour nous, c’est de pouvoir rendre des services aux cyclotouristes, mais aussi de rayonner à travers la marque Accueil Vélo. C’est un plus quand les gens voient le panneau, ils peuvent se dire qu’il y a une pompe à vélo disponible par exemple. 

Avez-vous une anecdote insolite à nous partager ? 
Romain : J’en ai une qui donne un peu l’image de la guinguette. J’ai mon meilleur ami qui m’envoie un message pour lui réserver une table, pour lui et sa femme parce qu’il n’avait pas les enfants, ce soir là, pour profiter d’une soirée à deux. “Est-ce que tu peux me garder une petite table en bord de Loire ?”. Je lui dis pas de problème. Le jour de sa réservation, quand il arrive pour diner, je lui pose la question, “si tu veux, il y a ta grand-mère qui est en train de danser, est-ce que tu veux manger avec elle?”. Et 3 mins après, je vais le voir et je lui dis :”il y a aussi ton père qui est en train de jouer à la pétanque, est-ce que vous voulez manger ensemble?”. En fait, il y avait 3 générations réunies sur le même site, qui ne s’étaient pas concertées, et qui venaient pour des choses totalement différentes 🤣Maintenant ce sont même les 4 générations qui viennent parce qu’ils ont des enfants qu’ils emmènent à Lulu Park! J’aime bien raconter cette histoire, qui montre vraiment le côté intergénérationnel du site. 

Guinguette Lulu Parc © François Moura

Amandine et Perrine pour le Restaurant L’Esperluette à Lussault-sur-Loire

L’Esperluette

Qui êtes-vous ? Pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre activité ? 
Nous sommes deux amies en reconversion professionnelle, et nous avons choisi d’ouvrir un café-restaurant-épicerie sur La Loire à Vélo (NDLR : Perrine était carreleuse et Amandine, infirmière de bloc, « donc rien à voir » 😁). On avait envie de changement, de faire vivre notre village, d’ouvrir un lieu où cela nous plairait de boire un café et d’aller manger avec les copains ! donc on s’est dit pourquoi pas, et c’est parti !  
Ensuite, on a cherché longtemps un lieu, puis les vignerons du Domaine de Montoray nous ont proposé de s’installer chez eux, dans une partie de leur cave troglodyte. On a adoré l’idée, et en plus, c’est en plein sur l’itinéraire de La Loire à Vélo, ce qui était important pour nous aussi 🚲

Quel est votre lien avec La Loire à Vélo ? 
En plus de l’animation pour le village, on trouvait aussi important d’amener un service avec des produits locaux, des produits bios pour les touristes, pour qu’ils puissent découvrir ce qu’on fait dans le coin, parce qu’on a plein de maraîchers, on a plein de producteurs qui font de belles choses et c’est dommage de ne pas les mettre en avant 🧺 
En saison, cela apporte une dynamique supplémentaire, c’est très sympa, les gens échangent sur ce qu’il ont visité, où ils vont, d’où ils viennent. 

– Quelle est votre clientèle aujourd’hui ? 
Notre clientèle est principalement constituée de gens du coin sur l’année, et de pas mal de cyclotouristes d’avril à octobre. Les cyclotouristes s’arrêtent souvent le matin pour boire un café, prendre un petit encas et l’après-midi pour faire une petite pause : manger une glace, goûter du vin, ce n’est pas la même demande. 
Comme on se déplace beaucoup à vélo, et que nous faisons aussi pas mal de cyclotourisme, on connait les besoins et attentes de cette clientèle. Comme proposer une pause facile, pile sur le trajet, notamment quand on se déplace avec les enfants, quand tout le monde en a marre de pédaler. 
Et il y a beaucoup nationalités 🌍 et c’est vrai que cela nous permet de rencontrer du monde de partout. En été, les gens discutent entre eux l’après-midi, ils prennent un café, un thé, un verre de vin et tout le monde se retrouve à parler à peu près anglais, à peu près d’autres langues. C’est génial le fait que plein de gens venant d’horizons différents finalement se retrouvent à un endroit et discutent comme ça. 

Restaurant
L’Esperluette

– Avez-vous le temps d’échanger sur leur programme, leurs activités ? 
Oui bien sûr, on n’a pas mal de personne qui viennent d’Amboise, Montlouis-sur-Loire, de l’Aquarium de Touraine. Ils posent souvent des questions et demandent des conseils sur ce qu’ils pourraient faire ou voir après la pause au restaurant.  Ce sont vraiment des échanges sympas, et on rigole bien aussi ! 

Quelles évolutions avez-vous observées ces dernières années ? 
Même si l’on a que 2 ans de recul, on voit qu’il y a davantage de familles et beaucoup plus de gens qui font des étapes, qui ont loué un gîte à un endroit et qui rayonnent à vélo autour. On a moins d’itinérants de passage en comparaison. 

– En quoi votre offre est-elle adaptée pour les cyclotouristes, et typiquement Accueil Vélo ? 
Depuis le début on propose des sandwichs à la demande, les petits dej’ le matin, il y a toujours des cookies, des gâteaux. On s’adapte le midi, s’il n’y a plus de place et qu’ils ont très faim, ils prennent un sandwich et ils mangent un peu plus loin. Il y a un petit endroit pour se poser chez la voisine, ils prennent aussi des sandwichs pour manger plus tard, ou on leur fait une salade vite fait. Ici on s’adapte ! 🤩
Notre offre correspond à La clientèle de La Loire à Vélo, avec une cuisine de produits frais, provenant de producteurs locaux (les légumes, les fromages, les céréales, les farines, les alcools, les softs…), et une offre veggie importante, plutôt d’influence méditerranéenne, très demandée par les jeunes qui sont beaucoup végétariens 🥗 
Côté pratique, on a une cour où les clients peuvent laisser leurs vélos et leur sacoches, en toute sécurité.

– Avez-vous une anecdote à partager ? 
Il arrive toujours plein de choses avec les vélos, plus ou moins improbables ! 
Le Monsieur était suédois, il parlait à peu près bien anglais, et nous on parle à peu près bien anglais, mais ce n’était pas le même anglais ! 🤣
Il avait déjà fait ce trajet à vélo avec sa femme il y a 30 ans, puis il a perdu sa femme, et a souhaité le refaire. Il a crevé sa roue de vélo sur le trajet et sur la maison en face de chez nous il y a écrit « Garage », il voulait donc faire réparer sa roue au « garage » , sauf que ce n’est pas un garage (enfin pas un garage pour réparer), il attendait malgré tout que le garage ouvre, sans succès forcément. Pour le faire patienter, en attendant que le coup de feu passe, on a essayé de l’aider à changer sa roue, mais la chambre à air était complètement morte. Un autre cycliste présent lui en a prêter une, mais après c’est le pédalier qui a « pété ». Bref, il ne pouvait plus rouler. La Cata ! donc on a appelé une copine qui l’a emmené à la gare pour qu’il reprenne le train et récupère sa voiture à Blois. Finalement, il est revenu le lendemain avec sa voiture pour récupérer son vélo. Et il était très content, et globalement, ça lui a fait une expérience où il s’est marré 😂 

Rencontre avec le Domaine de Bois Mozé

Pouvez-vous vous présenter et nous décrire votre activité ? 
Je m’appelle Anouk KEROUANTON et je suis responsable de l’œnotourisme du domaine depuis deux ans. Le domaine existe depuis les années 1990 et développe des activités œnotouristiques depuis environ 8 ans. Aujourd’hui, il s’étend sur 38 hectares de vignes, dont 28 autour du domaine, ce qui permet aux visiteurs de se balader directement dans les vignes. 

Quelle est votre clientèle aujourd’hui ? 
Elle est assez variée et évolue selon les saisons. D’avril à septembre, nous accueillons surtout des familles, un public vers lequel nous souhaitons davantage nous orienter. La présence du camping Cap Fun à proximité y contribue, tout comme notre démarche en agroforesterie, avec de l’écopâturage et des moutons dans les vignes. 
Le reste de l’année, la fréquentation est plus faible, mais nous recevons plutôt des jeunes, des couples ou encore des groupes pour des EVJF et EVG, notamment grâce à notre escape game. 

Comment l’offre œnotouristique du domaine s’est-elle développée ? 
Nous avons d’abord mis en place un caveau de dégustation, puis un escape game afin d’attirer un public plus large et de proposer une expérience différente. Nous avons aussi développé un partenariat avec Roulici, qui met des vélos à disposition directement depuis le domaine, à la demi-journée ou à la journée, pour permettre aux visiteurs de découvrir la région autrement. 

Quel est votre lien avec La Loire à Vélo ? 
J’ai travaillé auparavant à l’office de tourisme, donc je connais très bien La Loire à Vélo et l’offre qui l’entoure. Nous avons notamment mis en place un carnet dédié, qui plaît beaucoup aussi bien aux étrangers qu’aux habitants locaux. 
Aujourd’hui, environ 30 % de notre clientèle arrive à vélo. Ce sont souvent des personnes qui souhaitent voir autre chose que les châteaux de la Loire, venir déguster du vin ou participer à une visite guidée. Pour les accueillir, nous avons installé des rails à vélos et nous leur proposons du jus de raisin. Beaucoup reviennent ensuite en voiture pour acheter du vin. 

Quelles évolutions avez-vous observées ces dernières années ? 
L’année 2024 a été particulière, avec très peu de cyclistes, sans doute à cause de la météo ou des Jeux Olympiques. En revanche en 2025, nous avons constaté un net retour des vélos, notamment grâce au partenariat avec Roulici et au développement du gravel porté par Nature is Bike. 

Avez-vous une anecdote marquante à partager ? 
Oui, une fois, un groupe de jeunes en EVJF nous a appelés en disant qu’ils arriveraient avec dix minutes de retard en suivant La Loire à Vélo. En réalité, ils sont arrivés… trois heures plus tard ! Ils avaient visité une ou deux caves du côté de Saumur avant de venir. Pour l’escape game qui était programmé, nous avons préféré leur servir du jus de raisin : l’expérience est restée mémorable pour tout le monde !